l'esprit déménageur

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l'esprit déménageur

Message par Lady volcano le Jeu 30 Jan - 0:54

message pour l'admin:
pourras-tu déplacer ce sujet vers la rubrique "policier"  s'il te plait? elle est fermée aux forumeur et je n'ai pas pu la publier... je te remercie!

l'esprit déménageur

En cette journée d'été lourde et moite, une automobile noire roulait à vive allure sur une départementale sinueuse du Nivernais.
Elle tournait bientot à droite, empruntant un chemin ombragé de sous bois: un petit panneau accroché sur un tronc d'arbre indiquait la direction du château de la Chênaie.
Après une centaine de mètre sur ce chemin cahoteux, l'automobiliste se stationna et baissa sa vitre: il appuya sur la sonnette de l'interphone qui crachota aussitôt. Il s'annonça:

-" Je suis le détective Georges Mariot, je viens de Paris. Je suis en mission d'enquête dans votre château."

Le ciel était gris et formait une lourde chape sur la campagne. Aucun souffle ne remuait les branches des chênes centenaires du domaine: l'orage menaçait.
Derrière le haut portail en fer forgé s'étendait un magnifique parc arboré au fond duquel trônait une superbe demeure.
Très vite le lourd portail s'ouvrit automatiquement, laissant entrer la voiture. Le détective manoeuvra doucement sa voiture le long de l'allée sablonnée bordée d'arbres trapus taillés en tête de chat et de massifs de rosiers.
Il stoppa son véhicule près de l'escalier et sortit. Deux hommes l'attendaient.

" Bonsoir M le détective et bienvenue à la Chênaie. Je suis Edouard Martineau, un voisin, et voici Sylvain le valet de cette maison. Avez-vous fait bon voyage?
- excellent, répondit Mariot, je vous remercie. Je voudrais voir Mme Dupuis-Morel, la propriétaire des lieux, je vous prie.
- Je crains que ce ne soit bien difficile, madame est partie depuis trois jours voir sa petite-fille en Suisse. Depuis que... vous savez quoi... elle a peur...vous comprenez?
- Hum... c'est bien fâcheux, soupira le policier, j'aurais aimé me mettre au travail au plus vite et connaitre le contexte..."

M.Martineau ne releva pas le désappointement du détective: il commanda au major d'homme de rentre les affaires de son hôte et l'invita à rentrer. Dans le corridor, une femme d'un certain âge daigna à peine lui adresser un regard: certainement la gouvernante.
M.Martineau fit entrer son invité dans la salle à manger.

"j'appellerai ce soir mon amie pour l'entretenir de votre arrivée, demain elle viendra par le premier avion. En attendant, voici la pièce où se déroulent les faits"

L'inspecteur se mit en devoir de se promener dans l'immense pièce, les mains dans le dos, scrutant le moindre détail. malgré la chaleur étouffante, il avait gardé son pardessus gris et son chapeau. aucun détail ne pouvait échapper à ses petits yeux clairs et vif derrière ses lunettes rondes.
Au milieu de la salle une immense table rustique bien cirée accueillait une coupe remplie de fruits de saison et des couverts étaient déjà disposés pour le dîner. La pièce était éclairée par trois hautes fenêtres exposées plein sud. Le mur face aux fenêtres était habillé de deux tapisserie d'époque et de l'objet de tous les mystères: un immense bahut de merisier surmonté d'un vaisselier tout aussi imposant et massif. Ce meuble fit l'objet de toute l'attention de l'enquêteur, à l'affut de la moindre rayure ou de la moindre égratignure pouvant trahir une quelconque manipulation volontaire...
Il se retourna vers son hôte qui revenant du salon, où il venait de téléphoner à Mme Dupuis-Morel.

"Vous confirmez que ce meuble se déplace dans toute la salle à manger?
- Oui monsieur Mariot, répondit l'homme, il y a cinq jours, il était à cet endroit, prêt du l'entrée, et là, voyez, il est près de la cheminée, de l'autre côté. Il fait aussi souvent le va et vient entre le corridor, le salon et la salle à manger. ce qui est très inquiétant, c'est que ce meuble est très lourd, qu'il faut être au moins à quatre pour arriver à le faire glisser, et vidé de son contenu encore! Mais allons dîner je vous prie, je pourrais mieux vous expliquer toute cette affaire, et puis il y aura notre gouvernante Odette, et aussi le jardinier, qui vous confirmeront... Et j'ai pris des photos"

Il fit assoir son hôte à la table et prit place en face de lui. Bientôt, la bonne et ses deux collègues vinrent les rejoindre, les bras chargés des mets du soir. Il faisait presque noir malgré l'été: un premier coup de tonnerre retentit.
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Re: l'esprit déménageur

Message par Admin le Jeu 30 Jan - 16:06

J'adore. J'ai hâte de lire la suite Very Happy
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Re: l'esprit déménageur

Message par Lady volcano le Ven 31 Jan - 0:30

Il y a un peu plus d'une année, en ce jour funeste d'avril, Joséphine Dupuis-Morel, soixante quatre ans, revenait du cimetière où son époux Albert venait d'être inhumé. Il était décédé des suites d'une attaque cérébrale, à l'âge de quatre-vingts ans, laissant  une veuve éplorée et leur unique héritière, leur petite-fille de quinze ans à peine, Anne-Cécile
La jeune fille et sa grand-mère étaient effondrées, déjà lourdement éprouvées par la disparition tragique de M. Dupuis-Morel fils et de son épouse dans un accident de voiture.
Beaucoup de monde étaient venu soutenir les deux personnes e ce jour de deuil: les voisins proches, le maire, des personnalités du spectacle et de la politique, des notables... Rien que du beau monde. M. Dupuis-Morel avait beaucoup de relations, dont quelques unes haut placées, il faisait vivre toute la région grâce a de florissantes usines agro-alimentaires, et ce fut une légende régionale pendant l'Occupation, puis peu après en tant que préfet.
Peu à peu, le château de vidait de cette belle foule, laissant les deux femmes seules avec leur chagrin, et avec leurs fidèles employés et proches voisins.
Edouard Martineau vivait dans une superbe villa à proximité du château. Il a été toute sa vie dévoué à la châtelaine, et il était devenu son ami le plus fidèle et le plus intime. Mais il nourrissait pour elle, en secret, des sentiments très forts et cependant impossibles: Joséphine était mariée, et fidèle à son époux.
Aussi Edouard ne trouva jamais de relations stables, allant de conquêtes en conquêtes.
Depuis dix ans, pourtant, il a fondé un ménage avec une très jolie jeune femme, Mlle Durigny, rencontrée dans une association locale d'assistance où il était bénévole. Il avait remarqué cette jolie jeune femme, alors en situation précaire , quasiment à la rue suite aux affres du chômage et d'une rupture amoureuse catastrophique, venue chercher de l'aide dans l'association. Malgré sa condition, il avait remarqué le charme et l'élégance naturelle de Mlle Durigny, et après quelques mois de fréquentations, il l'accueillit dans sa demeure, avec son petit garçon.
M.Martineau cédait aux moindres caprices de sa compagne et la couvrait de cadeaux. De plus, il envoya son fils dans les meilleures écoles: il fit du droit et décrocha un travail très bien rémunéré. Le jeune homme de vingt ans était très ambitieux et rêvait de changer les choses sur la région :il avait même des ambitions politiques.
Et pourtant, M Martineau n'était pas satisfait: Il n'était pas heureux en ménage, il se rendit compte que seuls subsistaient ses sentiment envers Mme Dupuis-Morel. Délaissé, il allait très souvent trouver du réconfort chez ses voisin châtelains. Le jour du veuvage de madame lui redonnait un espoir de pouvoir un jour révéler son amour secret.
C'est peu de temps après ce jour, alors que Anne-Cécile était retournée à son pensionnat de Lausanne avec sa grand-mère, que des choses étranges commencèrent à se produire. La châtelaine dut écourter son séjour en Suisse à cause d'un appel affolé de sa gouvernante: le lourd bahut s'était déplacé. A son arrivée, Joséphine constata de ses yeux que le meuble avait effectivement glissé d'un bout à l'autre de la pièce sans une seule trace sur le parquet ciré. Elle pensa d'abord à une farce de mauvais gout, et après avoir vérifié que rien n'avait été dérobé, elle fit replacer le meuble. Elle appela son voisin à la rescousse et il fallu pas moins de cinq personnes pour faire glisser le bahut sur ses pieds! Puis le personnel se mit en devoir de repolir le plancher très endommagé par une telle manœuvre.
Les jours suivants, alors que cet incident fur presque oublié, le meuble avait cette fois changé de pièce: on le replaça à grand peine dans la salle a manger, ce qui demanda encore une journée de travail de polissage.
mais le meuble se déplaçait encore et encore, si bien que, las de cette inquiétante plaisanterie, on renonça à le replacer.
Si Mme Dupuis- Morel avait cru d'abord à une mauvaise blague, la répétition et la fréquence du phénomène finit par l'inquiéter, car personne ne trouvait une explication plausible. Elle ne voulait pas croire, contrairement à la rumeur à la mode, que sa demeure fut hantée par quelque esprit ou fantôme... Mais elle se sentait menacée et cette situation finit par la miner, semant la discorde et la suspicion dans sa maison.
Elle chercha donc un agent qui puisse vendre son château, décision qui lui crevait le cœur. Le vieux jardinier n'approuva pas du tout de devoir quitter l'endroit qu'il entretenait avec tant de fierté: il était persuadé que quelqu'un cherchait à pousser sa patronne à vendre dans le but de se saisir de ce précieux bien à moindre cout, mais ses propos furent tournés en dérision et il passa pour un paranoïaque.
Au printemps de l'année suivante, le château fut mis en vente.
M Martineau, qui fut informé en premier de la vente, alla trouver son amie pour la convaincre du contraire. Pourquoi se séparer comme cela de cette demeure, si vite? Voyant qu'il ne convaincrait pas la dame, il se proposa d'acquérir le château, car il avait les moyens de l'entretenir. Mais il dut se résigner d'accepter la décision de Joséphine de quitter sa maison et de partir rejoindre sa petite-fille.
De plus, elle informa son ami qu'avant la transaction définitive, elle voulait tirer les choses au clair et trouver la cause réelle des déplacements intempestifs de ce bahut.
Aussi avait elle engagé un détective  de Paris pour essayer de résoudre cette énigme et faire s'envoler le climat de suspicion et d'insécurité qu'il régnait.
A cette nouvelle, Edouard assura son amie de son soutient et qu'elle avait prit la meilleure décision.

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Re: l'esprit déménageur

Message par Admin le Ven 31 Jan - 0:36

Très bon développement.
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Re: l'esprit déménageur

Message par lady Volcano le Sam 1 Fév - 0:23

L'inspecteur Mariot détaillait à la loupe les photos que lui tendait M. Martineau.
Elles montraient les emplacements successifs de l'imposant buffet dans la salle à magner, et le détective fut lui aussi très étonné de voir qu'aucune trace visible n'accompagnait ces déménagements, comme si il avait été soulevé puis reposé par une force colossale.
les photos montraient aussi d'autres pièces de la maison où du mobilier a été déplacé au fil des mois sans raisons, alors même que ces pièces étaient fermées à clef.
Toujours en silence, l'inspecteur se leva et se dirigea vers le meuble, pour l'examiner encore une fois avec sa loupe: pas une seule empreinte, pas une seule trace pour le mettre sur la moindre piste, le meuble était impeccable! Sur le parquet ne subsistait pas la moindre rayure, il était parfaitement lisse et sans défaut. Il remarque bien des accumulation d'encaustique dans les rainures, mais parfaitement justifiable par l'entretien journalier. Rien sur les murs, rien sur les tapisseries! Quelle drôle d'affaire que celle qu'il devait résoudre à présent...
Il se releva, l'air songeur et demanda à visiter les autres pièces de la demeure ou des déménagements suspecte ont eu lieu.

" C'est impossible monsieur, indiqua M. Martineau, elles sont toutes fermées à clef, et seul madame Dupuis-Morel possède le passe... nous ne possédons les clefs que des pièces que nous occupons.

- Alors on visitera les autres pièces demain.

L'enquêteur était contrarié: cette affaire insignifiante allait être plus coriace que prévue. Dehors le tonnerre roulait et le vent se levait: chaque convive avait les nerf à vif. Mariot les examinait, tour à tour, en silence, essayant de décrypter dans leur physionomie, quelque détail susceptible de trahir la culpabilité.
Edouard Martineau d'abord, le voisin et ami dévoué: un homme de 65 ans environ, aux épais cheveux poivre et sel, grand, élégant, bien présenté, bel homme à la silhoueet bien faite. Il s'intégrait parfaitement avec ce château. Dans ses yeux gris bleus se lisaient la gentillesse même. Chaque fois qu''il évoquait le nom de son amie Joséphine, son regard s'illuminait et sa voix se faisait chaleureuse. Si il convoitait la propriété et jouait les corbeaux, son numéro d'amoureux transis était alors digne des meilleurs comédiens.
Ensuite la gouvernante Odette: femme de 56 ans, à la tenue tirée par quatre épingles. Très peu bavarde, à la limite glaciale, elle semblait plus observatrice des faits de cette maison que participante. Néanmoins, cette armure dont elle se recouvrait n'était pas imperméable aux bruit de couloirs, elle pourrait être un témoin clé, voir la complice idéale! une chose est certaine, il sera dur de  la faire parler...
Il observe ensuite le vieux jardiner Robert, un homme de 72 ans, au service dans le château depuis toujours. Il semblait jovial, avenant, prêt à se rendre utile malgré son âge. Son pantalon de velours côtelé à bretelles et sa chemise à carreau lui collaient à la peau: le vrai jardinier! Sa façon de tendre l'oreille pour écouter ses interlocuteurs trahissait une ouïe déclinante. Difficile de voir en lui un suspect... Mais son long service était une mine de renseignement pour l'enquêteur.
Enfin le valet Sylvain, le plus jeune de tout les convives: il devait avoir pas plus de 40 ans et affichait une étrange ressemblance de visage avec le jardinier. Maigre, droit, il semblait toiser du regard le détective, ce qui ne fût pas du goût de ce dernier. Pourquoi le fixait-il ainsi, comme s'il était un extraterrestre? son regard sombre était fuyant et il transpirait.
dehors, le vent soufflait fort et la pluie dégringolait: un bruit, comme quelqu'un qui tape au carreau, attira l'attention de Mariot: ce n'était que la branche d'un buisson qui, agitée par la tempête, frappait la fenêtre. Mais la réaction de Sylvain, fut encore plus surprenante: il se retourna, regardant vers la fenêtre, effrayé:

"C'est le fantôme, l'homme en noir!!! vous aussi vous l'avez vu inspecteur? vouregardiez derrière moi! il a frappé! il va tous nous tuer!"

tout le monde fut surpris par cette remarque saugrenue

" mais non, voyons, mon fils, lui assura le jardinier, depuis tout à l' heure il réfléchit! Tu sais bien que ça réfléchit beaucoup un policier, pour travailler."

un petit sourire s'afficha sur les lèvres de Mariot: Sylvain, fils du jardinier, était un simple d'esprit, qui croyait dur comme fer à des histoires qu'un gamin de 10 ans ne croyait plus. Un fantôme qui hante la maison!
En tout cas, il était loin d'être un parfait coupable car il n'était pas assez fin pour cela, ou son attitude était une excellente mascarade.
Juste à cet instant, un coup de tonnerre plus fort retentit et la maison fut privée de lumière électrique, faisant presque panique le major d'homme. M. Martineau chercha une torche à tâtons, tout en s'excusant du désagrément et promettant de relancer le disjoncteur dans la cave.

" De toute façon messieurs dame, la nuit porte conseil, annonça le policier. Je vais me retirer si vous le permettez. A demain matin."

la gouvernante se leva sans mot dire et l'accompagna avec sa  torche: il gravirent un étage et longèrent un couloir. Odette ouvrit la deuxième porte et tendit la clef, puis pris congé.
Le détective laissé sans aucune lampe dut s'éclairer à la lueur de l'écran de son téléphone: la chambre était grande, avec tout le confort d'une chambre d'hôtel de standing. Il posa ses effet et se prépara pour la nuit, mais son cerveau était en ébullition: quelle étrange affaire que celle là!

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Re: l'esprit déménageur

Message par Lady volcano le Mar 4 Fév - 16:25

Aucun incident majeur n'a troublé cette nuit orageuse à la Chênaie.
Le petit déjeuné fut servi à neuf heures sur la terrasse: le soleil resplendissait sur le jardin rutilant de la pluie nocturne. Des bouquets de roses fraîches ornaient les tables de la maison de leurs couleurs acidulées. Les roses de la terrasse étaient pourpres, et leur parfum enivrant.
L'inspecteur avala son café et ses déjeunettes beurrées avant de se mettre au travail. Justement, Odette venait lui proposer un jus de fruit. Il l'invita à s'assoir près de lui pour faire connaissance.
Elle s'exécuta un peu à contre cœur.

"Vous savez, j'ai encore beaucoup à faire avant l'arrivée de madame, je ne peux pas trop vous accorder de temps!

- Cinq minutes seront parfaites, et après je vous laisse à vos occupations"

Il lui demanda depuis combiens de temps elle était au service de madame, comment étaient ses relations avec elle, comment étaient ses relations avec ses autres collègues... La gouvernante à ses questions de façons trop imprécises au gout de l'inspecteur.
Il ne put savoir qu'elle était entrée en service depuis 36 ans, qu'elle considérait plutôt bien sa patronne et ses collègues.
Lorsqu'il lui demanda ce qu'elle pensait de M. Martineau, elle répondit qu'elle ne le connaissait pas plus que nécessaire... Mais le ton de sa réponse, plutôt agacé, indiqua au détective qu'elle ne le portait pas trop dans son cœur. Il fit part de son impression à Odette, qui prétexta son débordement pour mettre fin à la discussion.
Elle laissa seul le détective Mariot qui se promit de revenir à la charge plus tard, après l'avoir mise en confiance. Elle semblait en savoir bien plus que ce qu'elle avait bien voulu dire.
Il quitta la terrasse pour reprendre ses investigations dans la salle à manger: elle était impeccable, comme la veille. Il sortit son petit appareil numérique et pris des photos de la pièce. Alors que la valet Sylvain entrait dans le corridor, il l'interpella.

"S'il vous plait monsieur, auriez vous les clefs de cette pièce?

- oui, mais pour quoi faire?

- je voudrais être le seul à pénétrer d ns cet endroit et interdire tout nettoyage. J'ai besoin d'indices pour confondre le coupable.

- ah oui, vous voulez attraper l'homme en noir!

- tout à fait!"

Sylvain prit le trousseau et en retira une grosse clef, puis il la tendit au policier.

"Vous, lui murmura -t'il, moi je sais que c'est le fantôme de monsieur, je l'ai vu avec mes yeux!"

L'inspecteur se montra très intéressé par cette secrète révélation. Souvent, les personnes comme Sylvain ont l'innocence des enfants, et si leurs propos sont tournés en dérision par leur entourage, ils détenaient une grande part de vérité car elles décrivaient ce qu'elles voyaient avec leur yeux d'enfants. Il décida de tenir compte de ce témoignage et adopta le tutoiement pour mettre en confiance le témoin.

" tu as donc vu le fantôme? c'est bien vrai? raconte moi!

- oui monsieur, je vous le jure! mais même mon papa ne me croit pas, alors que j'ai bien vu!

- Moi je te crois! tu peux me dire comment il est, comment tu l'as vu?

- Alors voilà...
C'était un jour où j'étais tout seul. Papa était chez le pépiniériste, Madame était en ville et Odette chez sa famille. J'avais peur, car ça faisait plusieurs fois déjà que le meuble bougeait tout seul. J'avais peur que ce soit un voleur, ou un assassin. J'étais dans ma chambre quand j'ai entendu un bruit de porte qui claque, alors, tout doucement, je suis descendu et j'ai vu le meuble qui glissait comme ça, sans bruit, tout seul, de la salle à manger jusque dans le milieu du corridor. J'ai eu très peur, mais je suis resté. Derrière cette fenêtre, celle du milieu, une ombre est passée: elle était très grande, très noire et elle portait le chapeau de Monsieur. Elle était effrayante! Alors j'ai crié et je suis parti... Quand les autres sont rentrés et qu'ils ont vu le bahut dans le corridor, je leur ai dit que c'était le fantôme de Monsieur... Mais tout le monde s'est moqué!

- moi je comprends, Sylvain. Donne moi cette clef et on va tout les deux capturer le fantôme. On va l'appeler l'Esprit déménageur"

Sylvain, affichait un large sourire satisfait, quelqu'un le croyait enfin et il allait devenir son assistant. Avec une fierté enfantine, il remit la clef au policier et s'éloigna le cœur léger.
L'inspecteur Mariot ne croyait pas aux fantômes, mais un élément l'intéressa dans le récit du valet: l'ombre derrière la fenêtre. Il s'empressa de fermer la salle à manger et d'aller vérifier les abords des fenêtres à l'extérieur. Les ouvertures étaient en hauteur, équipées de petits balcons en fer forgé. Juste sous les ouvertures poussait un massif de rhododendrons: le sol a été fraîchement retourné, et ce travail du jardinier aura effacé toute trace de pas éventuelle. A proximité de la fenêtre du centre descendait un tuyau de la toiture, ce qui pouvait ainsi faciliter l'accès vers le balcon. Il se mit en devoir de scruter le mur tout le long du tuyau, et son observation porta des fruits: la pluie de la veille n'avait pas effacé, sur le mur à  hauteur du balcon, une empreinte partielle de soulier. Ainsi le valet avait vu juste! Il sortit son petit appareil photo et pris un cliché de la trace.
Alors qu'il s'extirpait du massif, il aperçut le vieux jardinier dans l'allée pricipale en train de ramasser les débris végétaux dans sa brouette. Il pénétra alors dans la maison et se munit d'un grand verre d'eau fraiche. Puis il alla rejoindre le vieil homme.
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Re: l'esprit déménageur

Message par Lady volcano le Ven 7 Fév - 23:39

"Il commence à faire chaud Robert... tenez, je vous ai apporté de l'eau!

- oh! fit le jardinier surpris par tant de gentillesse. Ben c'est pas de refus! je vous remercie bien!

- asseyons nous un peu sur ce banc, cela vous reposera, et puis, on pourra un peu discuter!"

Les deux hommes prirent place sur un bloc de calcaire oblong qui a été taillé en forme de banc, à l'ombre d'un grand tilleul. Le vieux jardinier savoura en longues gorgées son verre d'eau bien fraîche. Le détective démarra son interrogatoire avec les questions classiques.
Robert était un homme bon. Il a toujours vécu au château, et occupait, avec son fils une aile dépendante. Il était un grand ami de Albert Dupuis-Morel. Il est entré en service à l'âge de 18 ans. Passionné par son métier, il a transmis le gout les belles fleurs à Albert.
Il a toujours entretenu de bonne relations avec ses employeurs, qui l'ont considéré comme un membre de leur famille à part entière. Il a même épousé la gouvernante en service avant Odette, avec qui il a eu Sylvain. Celle ci mourut alors que leur fils était encore petit, et les Dupuis-Morel demandèrent alors au jardinier de s'installer dans leur dépendance et lui proposèrent de l'aider dans l'éducation de Sylvain, un garçon atteint d'un retard mental.

" si vous voulez mon avis, je crois que quelqu'un veut du mal à Madame. Comme par hasard, les faits se sont produit très peu de temps après son veuvage. Je pense que l'on veut chasser les membres de cette maisonnée et s'emparer du château.

- Pensez vous que Joséphine aurait des ennemis?

- Elle? Non! je ne crois pas!
mais Monsieur... Sa notoriété a fait bien des jaloux! Et des jaloux, il y en a beaucoup: déjà son éternel et malheureux rival aux élections... Et aussi dans le cadre de ses affaires, où il a démasqué des collaborateurs véreux. Et puis, il a refusé d'associer son affaire à des multinationales ou de l'introduire en bourse pour la transmettre à son propre fils et conserver le travail localement!
Non, les ennemis ne manquent pas..."

Mariot pris note de toutes les remarques du vieux jardinier. Restait à présent à interroger Edouard Martineau, et aussi la concernée, Joséphine Dupuis-Morel. Alors qu'il abrégeait avec le vieil homme, Une voiture entra dans la cour du château. Tiens! pensa l'enquêteur, quand on parle du loup...
Le chauffeur de l'auto qui n'était autre que M. Martineau, fit descendre une élégante dame, assise à la place du passager. Ses cheveux clairs étaient retenus en un strict chignon et disparaissaient sous un chapeau. Un tailleur assortit de couleur bleu marine galbait finement sa silhouette élégante et droite. De dos, elle paraissait avoir la trentaine. Sur son visage au trait fins se dessinaient bien des rides qui trahissaient son âge mur, néanmoins, elle avait une apparence fort séduisante. Malgré tout, la fatigue et l'inquiétude se lisaient dans ses yeux bleus pâles et éteints.
Le détective s'approcha et se présenta. La femme ne cacha pas sa satisfaction et accueillit chaleureusement son hôte avec force de poignées de mains et de sourire. Très rapidement elle lui demanda si son premier jour lui avait apporté quelques indices. Mais le policier ne voulut pas se prononcer d'avantage.

"Je souhaiterai tellement savoir avant de me séparer de ce château qui m'est si cher, s'il s'agit d'un acter de malveillance ou d'une plaisanterie qui commence à trop durer. Je suis si inquiète que je n'en dors plus la nuit. Entre ce meuble qui bouge et les bruit affreux dans le greniers... 'est horrible!

-Je vous comprends Madame, lui assura-t'il, je cherche des indices, mais apparemment le fripon est très doué, car il laisse très peu e traces

-Tout ce que je souhaite, c'est que vous puissiez confondre cet individu: on sera tous prompt à collaborer.

Mariot remercia Mme Dupuis-Morel pour son accueil et lui demanda si il pouvait poursuivre ses observations dans les autres pièces du château
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Re: l'esprit déménageur

Message par Lady volcano le Ven 14 Fév - 0:14

Le lendemain, l'inspecteur Mariot décida d'élargir son champ d'investigations. La veille, il avait passé l'après midi à visiter les dix appartement que comptait en tout la demeure, suites qui étaient inoccupées depuis la mort de Monsieur. Il y avait aussi une belle salle de réception et une bibliothèque bien garnie. Dans le temps, toutes ces pièces bourdonnaient de vie et de monde, à l'occasion de galas divers et de rencontres mondaines. Aux dire de Joséphine, de nombreuses célébrités sont venues jouir ici d'un cadre paisible.
Le château était vide à présent....
Lorsque l'inspecteur demanda pourquoi elle seule possédait le passe qui ouvrait ces pièces, elle expliqua que ces dernières avaient aussi été visitées, et que des déplacements d'objets ou de meubles avaient aussi eu lieu. Dans la bibliothèque, des rayons entiers avaient été jetés à terre à plusieurs reprises. dans les chambres les armoires étaient ouvertes, ou les lits défaits et les tables changeaient de place. Dans la salle de réception, ce sont les tableaux de collections qui changeaient de mur.
Ces évènement arrivaient alors même que les pièces étaient verrouillées! Mme Dupuis-Morel avait donc fait des photos et fermé toutes les pièces avant de partir à Lausanne, puis elle avait gardé le passe. Les seules clefs en circulation étaient celles des parties occupées par les employés, pièces qui ne subissaient, chose étrange, aucune intrusion.
L'inspecteur fit ouvrir les pièces une à une et dans chacune, le constat fut le même: les pièces ont été visitées durant l'absence de la propriétaire! les objets qui ont changé de place, des tableaux qui ont changé de mur, des livres par terre.....
A chaque pièces visitées, le détective fit des observation détaillée à la recherche d'indices. Il prit de nombreux clichés et interdit tout nettoyage. Dans une chambre, il releva un poil dans le lit, et dans la salle de réception il trouva une substance visqueuse et jaunâtre sur une chaise.
Avec l'empreinte partielle découverte la veille, la journée se trouva satisfaisante.

Lors du dîner, il demanda à tous si des bruits ou des mouvements n'avaient pas attiré leur attention. Personne n'avait rien entendu, personne sauf... Sylvain.

"la nuit, raconta-t'il, j'entends des pas, et des chuchotements

- allons, mon garçon, comment tu peux entendre ça, depuis notre dépendance? Tu dois rêver!

-Laissez le parler, ordonna le détective, continue!

- la nuit, des fois, je regarde la télé: il y a des dessins animés! mais je mets le son tout doux, car papa dors. Et des fois la nuit, j'entends des pas. mais il n'y a rien dehors. Quand j'éteins la télé, j'entends aussi comme des chuchotement et des voix! Une nuit, j'ai regardé vers le château, et tout à coup, j'ai vu une ombre sur le mur, elle était immense! Et il y avait aussi des éclairs dans tout le château!
l'inspecteur pris note: cela confirmait sa théorie

"je crois que notre "Esprit déménageur" a des complices. Pour déménager tant de pièces en si peu de temps, et en silence, il n'est pas seul. A présent, si vous permettez, je vais travailler dans ma chambre et faire part de mes hypothèses à mes collaborateurs"

Toute la soirée, il se mit en devoir de comparer les semelles de chaussures avec l'empreinte partielle qu'il avait trouvée la veille... sans résultats
Le détective Mariot travaillait beaucoup à "l'ancienne méthode" avec pour seuls instruments sa loupe et son flair de policier. Mais il devait parfois faire appel à des méthodes plus rationnelles, et si l'empreinte ne donnait rien, il restait à exploiter les autres indices: le poil et la substance jaunâtre qu'il avait transmis à ses collègue de l'investigation scientifique le jour même, et en cours d'analyse.
Il était encore debout lorsque toute la maisonnée était endormie.
Soudain, vers une heure de matin, alors qu'il s'apprêtait à se coucher, un bruit venant du grenier attira son attention. Très vite, ce bruit, comme celui de billes qui roulent sur le plancher, s'intensifia, et fut suivit d'un horrible grincement. Puis plus rien... Il sortit en trombe de sa chambre et alla frapper chez Mme Dupuis-Morel, qui apparut à moitié endormie:

"Madame, vous n'avez pas été réveillée par ce bruit?

- Quel bruit?"

Le roulement se fit à nouveau entendre, dans la chambre de Joséphine, accompagné cette fois de rires sinistres. Cette dernière fut comme prise de panique et faillit hurler.

"qui va là!" gronda Mariot en faisant irruption dans la chambre
Un volet claqua pour seule réponse, faisant sursauter la dame. L'inspecteur éclaira la chambre et immédiatement les bruits cessèrent. Lui même était ébranlé par tout ce dont il venait d'être témoin: il ne croyait ni aux fantômes ni au surnaturel, mais là, il avait de sérieux doutes!
Avec Joséphine, il laissèrent la chambre éclairée et ils s'aventurèrent dans le couloir, puis dans l'escalier menant au rez de chaussée.

Des bruits de pas leur parvenait nettement jusqu'à eux, et Mariot vit la lueur d'une lampe torche dans le corridor. Il ordonna à Mme Dupuis-Morel de rester en arrière et continua d'avancer seul, à pas de loup.
L'intrus était là, tout près!

"Police, fit le détective en allumant la lumière, qui êtes vous?

a cette instant, l'intrus laissa tomber sa torche et se jetta à terre

"Non, monsieur, me mettez pas en prison! Je vous en supplie!

-Sylvain? Mais que diable fais-tu ici?

- je voulais attraper l'homme en noir! il était là! il y avait plein d'éclair dans la maison, et je l'ai vu, derrière la fenêtre! Alors j'ai pris ma lampe et j'ai voulu l'attraper, quand soudain il a disparu, comme par magie!"

Mariot inspecta, la salle à manger, ou Sylvain avait aperçu le suspect: rien n'avait bougé de place.

" essayons d'aller dormir: demain j'aurait plus d'information, et je vais essayer d'en savoir plus sur vos relations et votre entourage.

- Je n'arriverai plus a trouver le sommeil inspecteur, informa Joséphine. Les choses vont de mal en pis. Je n'en puis plus.
Je suis vraiment navrée de vous laisser seule dans mon château, mais je pense que je vais aller trouver le repos ailleurs! Sylvain, me permettez vous d'occuper votre chambre d'ami?

- Bien sur madame! venez, suivez moi!"

Mariot resta debout encore un peu de temps

"Et maintenant, à nous deux sacripant!
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Lady volcano

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